Témoins de Jéhovah -
Quand le témoignage d’un ex-adepte légitime le juste combat d’un père pour la vie !
De nombreux ouvrages ont été écrits par d’ex-adeptes désireux de témoigner de leur vécu au sein des Témoins de Jéhovah. Notre site en répertorie de manière non exhaustive cinq. Notamment celui de 482 pages publié en janvier 2010 aux éditions Atlantica par Dominique Dott sous le titre « Les Témoins de Jéhovah, théocratie apocalyptique ».
Comme le précise son éditeur « L’auteur, élevé parmi les Témoins de Jéhovah, s’est affranchi de leur emprise à l’âge adulte. Cette étude fine et argumentée a ponctué son parcours vers l’autonomie. Il a ainsi mis à jour la structure de la secte et les rouages historico-religieux qui ont permis son expansion. Il révèle également avec précision les méthodes mises en oeuvre pour enrôler et garder les adeptes... »
C’est donc en qualité d’expert que cet auteur s’exprime au chapitre 8 –pages 278 à 297– de son livre sur la position dogmatique prise par la « Watch Tower Society » ( l’organe central décisionnel des Témoins de Jéhovah basé à New York) en matière de transfusion sanguine. Ainsi écrit-il : « Cette connaissance soi disant transcendante [ qu’aurait la Watch Tower Society sur la question...] s’appuie sur une compréhension orientée et dépourvue d’analyse des textes bibliques. Il est important pour celui ou celle qui veut mieux appréhender la problématique de la transfusion ou qui a besoin de se défaire de cette obligation, de se plonger dans le contexte entourant les textes bibliques utilisés »
Voilà qui légitime, si besoin est encore, le juste et courageux combat de ce père de famille canadien engagé en 2002/2004 contre la « Watch Tower Society » à laquelle il reproche d’avoir persuadé sa fille, pourtant leucémique, que les transfusions sanguines étaient mauvaises et ne l’aideraient pas. L’adolescente s’était alors battue pour ne pas recevoir de transfusions ou pour s’opposer à celles prescrites par la province. Après avoir reçu des traitements dits « alternatifs à la transfusion », totalement inopérants, elle est décédée, voici 8 ans. Aussi son père continue-t-il courageusement à se battre parce qu’il considère qu’il en est de sa responsabilité morale et qu’il ne peut tout simplement pas laisser tomber.
Nous ne pouvons que l’approuver. Et qu’importe après tout si, comme le relate la presse, la cour Suprême du Canada vient de refuser d’entendre sa requête en appel ! Il est des situations moralement et intellectuellement inadmissibles qui transcendent la Justice, des souffrances qui ne peuvent être apaisées et des faits douloureux qui ne peuvent se prescrire.
Selon Dominique Dott, la position dogmatique de la Watch Tower Society sur le refus des transfusions (1) lui permettrait d’entretenir l’illusion de la connaissance exacte de la « vérité ». Elle s’appuie en tout état de cause sur un discours irresponsable et ambivalent qui amène l’adepte non pas à un choix éclairé mais à un dilemme. C’est ainsi qu’il se trouve contraint, au nom de prétendues règles ou normes « bibliques », soit à se soumettre au dogme, c’est à dire à refuser les transfusions dont il aurait besoin et probablement... mourir, soit à accepter les transfusions et être... exclu du mouvement ; ce qui pour un adepte équivaut à une mort sociale.
Une adolescente pouvait-elle résoudre un tel dilemme ? Nous ne le pensons pas et c’est pourquoi nous sommes de tout coeur aux côtés de ce père qui mène un juste et courageux combat pour la vérité.
La vérité ! Non pas avec le « V » majuscule et factice de la Watch Tower Society, mais avec le « v » minuscule et réel de la... vie, tout simplement.
L’équipe de l’ADFI
(1) De nature, selon Xavier Bertrand ministre de la Santé en 2006, « à troubler l’ordre public » et à l’origine de bien des drames, loin d’être tous recensés. Voir notamment le site « Watch Tower Victimes Mémorial »